28 Cinema
Desiderio d’avanguardia
di Juan Pittaluga   

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L’avant-garde est cette petite pointe aiguisée qui gêne énormément le présent, en se situant à son extrême, la où le temps oblige au vertige de l’avenir. Cette flèche a tellement perturbé le pouvoir pendant XX siècle, qu’on a fini par l’acheter, pour l’installer au centre de la cité. Belle panoptique pour s’approprie de l’observateur. L’insurrection ainsi surveillée a dû rentrer ses griffes, qui ont fini par se métamorphoser en mains serviables. À présent on peut trouver de l’avant-garde dans les boutiques de la Rue Saint Honoré à Paris. C’est devenu un signe distinctif, une marque. En la portant on peut se sentir in-conformistes et fusionner images politiques, parfums et t-shirts. La révolution amadoué, comme la vielle panthère de Rilke, ce n’est que dans son cœur qu’elle étouffe parfois son rêve. Ainsi nous vivons tous bien éveillés dans un présent où la matière nous regarde ferme dans nos yeux de vieux fauve. Nous sommes enfermés dans l’ici, sans désir d’ailleurs, sans utopies, sans visage et sans membres comme le Johnny de Dalton Trumbo, victime d’une guerre. Mais laquelle? En échange de notre agressivité aux coins des yeux, notre présent c’est élargie. Nous faisons à présent un seul corps avec le pouvoir - et qui peut sortir de son corps? Et pourtant que nous voulions ou non, il faudra demain à l’aube se déchirer et partir vers l’extrême de l’actualité pour casser la crevasse du cocon, pour affronter la solitude du non conquis. sans avant garde il n’y à pas de civilisation.

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